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27 avril 2020. Carouge, Suisse. Autoportrait de la série "Quarantaine". Nu aux gants en nitrile et au masque. Le nu est la seule chose tangible dans cette ère d'incertitude liée à la crise sanitaire du covid-19. Les gants expriment la privation du sens du toucher, du fait de la distanciation sociale. Normalement, seuls les grands paralysés subissent cette privation, de même que les morts, mais ils ne sont plus là pour en pâtir. Les enlever me procure le sentiment d'être encore vivante, malgré la solitude et l'isolement. L'amour au temps du coronavirus. Patrick est une personne à risque, et j'ai de l'asthme. Contrairement à lui, je suis plus inquiète. L'idée seule de le contaminer me paralyse. Je me prends aussi parfois à imaginer quitter ce monde magnifique trop tôt, malgré tous ses couacs, sans pouvoir serrer une dernière fois les personnes que j'aime dans mes bras. Patrick et moi sommes ensemble depuis 12 ans. C'est grâce à lui que j'ai accepté mon corps. Grâce à lui que je suis devenue photographe indépendante. En somme, je suis devenue grâce à ses encouragements. Je lui dédie l'ensemble de ce projet spécial confinement. @Audrey Leclerc